
par Ana Igluka & Erwan Foucault
Sombre pop, c'est ainsi que le chanteur compositeur interprète Abigale Supersac présente sa musique. Il cite Kylie Minogue ? Mais alors, en goumin, peut-être ? Car Abigale Supersac ne manque pas d'autodérision, comme par exemple lorsqu'il s'empare d'un chant tiré d'un film bollywood !
C'est ce pouvoir sur soi qui donne du piquant à la gravité de ses atmosphères électro pop, autorise l'espoir à s'installer.
Ce premier disque est une petit bijou de subtilité. Les illustrations de Sophie Guillemin assurent un écrin noir et blanc en gravure épurée, entre poisson et forêt. 4 titres écrits et composés par Raphaël Bouyer, parfois auto-produits en homeS studios, parfois avec une aide extérieure de Nicolas Bonnaud ou Alex Lecomte. La qualité générale de ce disque fait penser à Tinderstick, précieux et raffiné.
Au fil de ces 4 titres défile une ambiance de road movie hypnotique. Peuplé de rythmes électro que l'on pourrait croiser chez Björk de la période Homogenic, les ambiances sont parfois délicatement suspendues à la manière d'un Is this desire? de Pj Harvey.
À la recherche d'une précision sensible, la voix s'élève au voisinage d'Antony and the Johnsons, bercée par des chœurs en boucle. Les choix vocaux explorent parfois des tessitures et des harmonies sur le fil, très intrigantes, stimulant l'écoute.
Les textes en anglais évoquent des sentiments amoureux qui se font et se défont, des «mésaventures amoureuses » selon l'auteur. Peut-être découvrons nous ici les versions masculines des histoires puisque certains titres de chanson sont soulignés de prénoms entre parenthèses : Beige, Jake, O'Brian ? Mystère... En tous cas, si ce disque est le premier épisode, un second est certainement en préparation !
Une affaire qu'on à envie de suivre avec hâte !
Un morceau délicieux se cache à la fin du disque : un bourdon aux consonances mongoles, des airs hindous hantés par un chant Indi Ek toote huye dil ki, pour se quitter sur une note pleine de lumière !
